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Note individuelle
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Il fut le 1er Jorion de la lignée à entamer des études supérieures qu'il termina en 1913, à l'Ecole des mines de Mons. Militaire, il quitta en 1916 le front de l'Yser et partit au Congo pour continuer la lutte contre les Allemands (son bateau faillit être torpillé). Il fut ainsi le premier Jorion à débarquer au Congo. Lieutenant en 1917, il fut à la tête du 1er peloton qui entra à Tabora (1) après la défaite des Allemands. Ensuite il dirigea les mines de mica de Karema, mises sous séquestre. Il revint en Belgique en 1920 et commenca la carrière de tout ingénieur des mines de l'époque dans un charbonnage du Borinage; retourna au Congo en 1929 pour diriger les charbonnages de Luena (2) et fit une belle carrière dans le groupe de la SCB (?) avec l'entracte de la guerre 1940-45.
Il mourut en 1962 d'une congestion cérébrale à 70 ans, l'âge où son père Constantin avait eu sa 1ère attaque. Maurice était comme la plupart des Jorion intelligent, d'une intelligence dont la virtuosité s'accommodait fort bien d'un délai de réflexion. Il était comme notre mère, d'une grande droiture et d'une grande bonté quoique "soupe au lait", autoritaire mais conciliant, sachant se faire respecter de ses soldats, de ses ouvriers et des enfants. Il fut un très bon mari.
Homme d'une très grande simplicité, hostile aux afféteries et à toute ostentation, Maurice termina sa carrière militaire de réserve comme Colonel du Génie et fut l'homme le plus décoré de la famille, fruit de sa participation aux guerres de 14-18 et 40-45. En 1916, avant son départ pour l'Afrique, il obtient l'autorisation de se rendre en civil à Lausanne en pays neutre (chose très rare) pour faire ses adieux à son frère Robert à qui le liait une solide affection comme d'ailleurs avec moi. (Lucien Jorion)
(1) Noeud ferroviaire stratégique en Afrique Orientale Allemande (auj. Tanzanie). Coalition anglo-belge contre les Allemands. Le gros morceaux (la Tanzanie) revint à l'Angleterre, la Belgique reçut en protectorat le Ruanda-(B)Urundi.
(2) Luena, Katanga. Il rentra au bout d'un an et demi. Il aurait pu rester et faire une très belle carrière mais sa femme, très attachée à sa famille, refusa de quitter la Belgique.
------------------------ -1913: Ingénieur des mines -27 juillet 1914: appelé sous les armes comme simple soldat d'infanterie -1914: Blessé à la main lors de la prise d'Anvers. Evacué en Angleterre et convalescence à Calais. -1915: soldat du génie -1916: nommé adjudant puis sous-lieutenant -Juillet 1916: Volontaire sous-lieutenant du génie pour la campagne de l'Est-Africain. A Tabora, chargé du service des voies et travaux de réfection des ouvrages d'art. -1918/1919: Direction des mines de mica de Karema -1921: Rencontre avec sa future femme lors du mariage de la soeur de celle-ci. -1940: dans une voiture de reconnaissance avec un lieutenant et un conducteur (qui seront tués), il est arrêté par les Allemands. Ayant reçu une balle dans les côtes, il est hospitalisé à Gand, d'où il put s'enfuir et retourna à Wasmes (deux fois blessé par les Allemands, inutile de dire qu'il ne les appréciait guère). -La famille s'enfuit (c'est l'Exode) en France, où ils retrouvèrent Jacques qui avait failli devenir soldat. Après la capitulation, ils retournèrent à Wasmes. Maurice travaillait à Bruxelles où les Allemands retrouvèrent sa trace (après son évasion). Ceux-ci acceptèrent de le laisser en liberté à condition qu'il se tînt tranquille, ce qu'il fit.
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